Das Leben hinter den Klostermauern

La vie monastique est une vie en communauté, soumise « à la Règle et à l’abbé », dans l’équilibre du travail, de la prière et de la lecture spirituelle. Depuis sa fondation au VIIIe siècle, le couvent Saint-Jean de Müstair a toujours été habité, et l’esprit bénédictin qui l’anime depuis plus d’un millénaire y est très perceptible. Dans sa Règle, saint Benoît a fondé les bases d’une vie communautaire sous les ordres, dans laquelle frères et sœurs cohabitent avec respect et humilité, s’inspirent et se soutiennent l’un l’autre, travaillent au bien commun et cherchent Dieu sur une voie personnelle autant que collective.

Un quotidien clairement structuré

Entre vigiles, la prière matinale à 5:30, et complies, la prière d’entrée dans la nuit à 19:30, s’étendent 14 heures d’une activité clairement organisée, où se succèdent oraisons, hymnes et psaumes chantés pour la gloire de Dieu ; travail, méditation et lecture personnelles, mais aussi le temps des repas, du silence et du repos – jour après jour, année après année, au cours des décennies et des siècles. Le rythme des bénédictines de Müstair est au fond le même aujourd’hui qu’il y a 1500 ans, lorsque saint Benoît rédigea sa Règle. Son objectif est la quête de Dieu, en communion dans la foi. La stricte organisation du jour constitue l’un des moyens d’y parvenir, en ce qu’elle procure calme et sérénité au long des activités quotidiennes.

Il ne faudrait toutefois pas penser que le temps a suspendu sa course entre les murs millénaires du monastère, et que la vie moderne n’y aurait pas pénétré. Ordinateurs, e-mails, séances, discussions et tâches externes font autant partie du quotidien des sœurs que la prière liturgique. 

A première vue, l’intrication du couvent avec différentes institutions laïques pourrait sembler menacer la quiétude de la vie contemplative. Mais la spiritualité bénédictine n’est pas faite que d’exercices mystiques déconnectés de la réalité ; elle est en lien étroit avec la vie quotidienne et ce faisant, porteuse de sens au sein de notre monde globalisé, multi-médiatisé et aux rythmes de plus en plus rapides.

Une vie consacrée à Dieu

Si les moniales de Müstair devaient expliciter leur motivation profonde à entrer au couvent, chacune raconterait sans doute une histoire différente. Toutes ont cependant en commun le désir de chercher Dieu. L’engagement sur la voie monastique ne se fait toutefois jamais d’un seul pas, il s’agit plutôt d’un lent mûrissement, d’un apprentissage constant. Saint Benoît compare la vie monastique à une « école où l’on apprend à servir le Seigneur » (RSB, Prologue, 45). Il affirme également qu’au début, le chemin ne peut être qu’étroit. Mais « à mesure que l'on progresse dans la voie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et l'on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de l'amour. » (RSB, Prologue, 49).

Aujourd’hui, neuf femmes vivent au quotidien la spiritualité bénédictine au monastère Saint-Jean de Müstair. Depuis janvier 2013, Sœur Domenica Dethomas dirige la communauté. Son ouverture de vues et son humour légendaires montrent bien qu’être nonne n’implique pas uniquement sérieux et raideur d’esprit.